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Archive for 18 décembre 2013

Je suis actuellement dans une « ferme sanctuaire » à Otaki, à une heure au nord de Wellington. J’y fais du woofing (quelques heures de travail, contre le logement et les repas) pendant une petite semaine, ma dernière en Nouvelle-Zélande ! L’association « The Black Sheep » (le mouton noir) a ouvert ce magnifique lieu il y a 4 ans et demi maintenant. Une ferme sanctuaire est une ferme où l’on recueille les animaux de ferme mais pas pour les manger ! Ces animaux devaient généralement aller à l’abattoir ou bien ils vivaient dans des conditions terribles d’exploitation pour la viande, le lait ou autres fins pour le moins inhumaines.

Il faut les voir maintenant comment ils sont heureux. Parfois, j’en ai les larmes aux yeux ! J’observe chaque jours les cochons, les chèvres, les moutons, les vaches, les chevaux, les poules, les canards,… C’est incroyable de voir à quel point chacun a ses particularités, son propre caractère et sa place parmi le groupe. Il y a de la tendresse entre eux, ou parfois de la bagarre, c’est selon. Mais généralement la bagarre ne dure pas plus de quelques secondes. On se dispute un brin d’herbe ou un morceau de nourriture. Non, vraiment, c’est incroyable de les voir aussi épanouis. Particulièrement les cochons. On m’avait déjà dit à quel point ils nous ressemblaient ou ressemblaient aux chiens mais de pouvoir le voir en vrai, c’est saisissant ! Leur enclos se trouve devant les fenêtres de la pièce principale et donc on peut les regarder régulièrement. On peut les voir interagir entre eux comme on le ferait, nous. Je crois que ce que je préfère, c’est quand ils jouent à cache-cache ! C’est vraiment trop rigolo ! Et ils ont l’air de vraiment s’amuser ! Il y a deux énormes cochons roses et six autres moins grands, noirs, dont deux très jeunes. Ils ont la peau épaisse sur le dos mais sur le ventre, elle pourrait ressembler à celle d’un humain, c’est impressionnant. Tout comme leurs yeux. Parfois quand ils me regardent, j’ai l’impression qu’on a mis des hommes dans des corps de cochons, comme pour leur jeter un mauvais sort. Ils sont aussi affectueux qu’un chien. Et ils savent se faire comprendre. Ils ont leurs habitudes. Chacun a ses préférences, ses propres goûts, ses propres envies. C’est marrant de voir ces grandes bêtes de plus de deux cents kilos se mettre sur le ventre pour que vous le lui grattiez. J’évite de penser qu’il y a des milliards de leurs congénères enfermés dans des grands hangars industriels, où ils sont nés sans voir le jour et où ils mourront bébés ou adolescents, dans 99% des cas dans d’atroces souffrances. J’évite d’y penser sinon je pleure. J’évite d’y penser mais parfois c’est plus fort que moi… Néanmoins de les voir, eux, si heureux, c’est une sensation qui vous remplit le coeur d’une chaleur indescriptible. Je les regarde et je me dis qu’ils ne doivent sûrement pas savoir la chance qu’ils ont d’être ici. Ils ont pourtant connu la torture dès leur naissance : queue, dents, testicules, le tout coupées à vif. Mais maintenant, ils vivent leur vie de cochons épanouis et je peux vous dire que ça fait plaisir à voir !

La ferme est perchée sur la cime d’une grande colline. Il y a des forêts sur les collines voisines : forêt de pins importés il y a quelques décennies pour faire du papier ou des meubles (il y en a en quantité dans tout le pays, pas toujours très beau à voir quand elles sont coupées…) et forêt d’arbres d’origine de l’île, plus jolie celle-ci car plus diversifiée.

Quelques pâturages nous entourent et on peut voir la mer qui est pourtant à une petite dizaine de kilomètres. De ma chambre, je la vois, nichée entre deux flancs obliques de collines vertes. C’est la fin du printemps ici, et les fleurs et les fruits se font concurrence. Les oiseaux d’espèces endémiques viennent nous saluer tous les jours et chacun a son heure.

Je suis très contente de pouvoir rester au même endroit plusieurs jours. Et en plus, de me sentir utile. Je retrouve les plaisirs apaisants du jardinage ou du bricolage en plein air. Je savoure le contact avec les animaux qui sont une source inépuisable de découvertes…et d’amour !

Samedi, je retourne à Wellington, chez Rissa, mon amie brésilienne (mais d’origine japonaise !) rencontrée dans un bus au Chili, qui m’a déjà superbement bien reçue le week-end dernier. Nous avons fait de sacrées randonnées sur les hauteurs de la ville, visité une partie des studios de cinéma Weta de Peter Jackson (connu en partie par « le Seigneur des Anneaux » et en ce moment « le Hobbit« ), mangé de succulents sushis vegans faits-maison !

Et dimanche, je prends l’avion pour Melbourne où m’attendent des amies, Angelina et Kate, qui vivent là-bas et avec qui je vais passer Noël. Ma cousine, Aurore, qui est actuellement en Australie, m’y rejoint également. Ce sera mon premier Noël en été !

Depuis mon dernier article, j’ai pas mal voyagé dans le pays des kiwis (comme ils aiment s’appeler). Après ma rencontre avec Moby Dick à Kaikoura, je suis allée à Christchuch, reçue pas Lennie et Ivan, des néo-zélandais adorables. J’y ai visité un centre de conservation des espèces (en fait, une sorte de zoo) où j’ai pu enfin être en tête à tête avec l’animal national : le kiwi (un vrai, mais enfermé…) ! Etrange oiseau nocturne, sans ailes, ni queue, au long bec, très sauvage, qui se fait extrêmement discret si bien que tous les néo-zélandais que j’ai rencontrés m’ont avoué qu’ils n’avaient jamais vu un kiwi de leurs propres yeux dans son milieu naturel, seulement en captivité. J’ai aussi pu voir d’autres espèces endémiques comme le kéa, perroquet très intelligent. J’ai ensuite visité le Centre International de l’Antarctique, où l’on apprend tout ce qu’il y a à savoir sur le continent blanc. Passionnant !

Enfin, j’ai visité le centre ville de Christchurch. Et un frisson m’a traversé le dos, de haut en bas, courant entre mes omoplates. Je ne m’y attendais pas. La ville, qui a subi successivement deux importants tremblements de terre il y a bientôt trois ans, a des airs de ville bombardée. Un bâtiment sur trois a disparu, ce qui laisse des trous béants entre ceux qui ont tant bien que mal résisté aux chocs ou qui ont été reconstruits. Des énormes espaces vides, laissant provisoirement la place à des parkings en terre battue. Beaucoup de commerces sont fermés, comme ceux d’une ville hantée. Par moment, on croit même voir encore la poussière apocalyptique sur le rebord des fenêtres. Certains quartiers du centre essaient de refaire surface et ouvrent de nouveaux magasins ou restaurants flambant neufs, avec dans l’air un timide espoir que ça n’arrivera plus. Tous les habitants (en tout cas, ceux qui sont restés) vous en parlent, avec la tragédie inscrite dans leurs yeux. C’en est parfois terrifiant. Sa cathédrale a été sérieusement endommagée et a perdu une partie de son clocher. Heureusement, la ville a toujours son superbe jardin botanique et son musée. Son tramway touristique parcourt quelques rues qui ont retrouvé un semblant de normalité. C’était une expérience que je n’oublierai pas de sitôt. Bien sûr, ça me rappelle que seule la Terre est maîtresse à bord. Et qu’en quelques minutes, votre vie pourrait ne plus jamais être comme avant…

Ensuite, j’ai poursuivi mon chemin encore vers le sud : à Dunedin. J’y ai observé des oiseaux marins et notamment celui que je voulais voir : l’albatros royal ! Ce serait trop long cette fois-ci pour que je vous raconte tout ce qu’il a d’extraordinaire. C’est un oiseau impressionnant. J’y ai aussi rencontré, Jo, la présidente d’une association, Rescue Dog, qui se bat pour trouver des familles à des chiens qui viennent de perdre leur maître et que l’on veut euthanasier. Procédé révoltant mais systématique, dans cette ville.

Et puis, j’ai traversé l’île pour aller vers l’ouest puis vers le nord : Queenstown (superbe petite ville branchée, sur le bord d’un lac, dans les montagnes), le glacier Franz Joseph (qui diminue à vitesse grand V), Punakaiki (sur la côte, où se trouvent une formation géologique très amusante, les « Pancakes Rocks « – les rochers-crêpes), Nelson (au nord de l’île, placé au centre apparemment exact de la Nouvelle-Zélande) puis j’ai repris mon ferry à Picton, où il faisait cette fois-ci un soleil radieux, pour arriver à Wellington, il y a une semaine maintenant. Entre certaines étapes, j’ai fait du stop qui s’est plutôt bien passé puisque j’ai mis moins de 10 minutes à chaque fois pour être prise par une voiture. La première fois, par un jeune couple d’Australiens adorables, de Sidney. La seconde fois, par un vieil artisan néo-zélandais vivant sur son bateau. Il est passé par des petites routes spectaculaires, en lacets, qui bordaient des fjords.

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A Punakaiki, après avoir vu ces superbes falaises stratifiées, je me suis promenée le long d’une rivière, dans la forêt tropicale. J’étais seule, avec pour seuls « bruits » le chant des oiseaux et la rivière qui courait en contre-bas. J’en ai profité pour vous faire une petite vidéo.

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Et comme c’est bientôt Noël, je vous ajoute une vidéo, restée dans mes archives, que j’avais tournée en juin dernier en Equateur lorsque j’étais au sud du pays, à Puyango, afin de voir une forêt pétrifiée. La forêt était superbe, avec ses troncs de pierre jonchant le sol d’une forêt plus vivante. Mais j’ai aussi eu l’opportunité le soir-même d’utiliser ma moustiquaire : on m’avait installée dans une petite maison, censée loger les rares touristes, où des centaines de bestioles sont venues me rendre visite… J’ai arrêté de compter les espèces différentes après 30… Le lendemain, je passais la frontière pour me rendre à Tumbes au Pérou où d’autres aventures m’attendaient.

A bientôt…

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