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Archive for 14 février 2013

Caracas

Le premier jour m’a surtout permise de me reposer et de récupérer aussi bien du décalage horaire que de toutes ces émotions.

J’ai quand même accompagné Mariana, la jeune fille qui me loge, en fin de journée, à sa faculté d’architecture où elle avait trois heures de cours. Pendant ce temps, j’ai pris le métro (beaucoup plus propre qu’à Paris !) pour aller en centre ville, dans l’une des rues piétonnes très commerçantes. L’ambiance était joyeuse, carnaval oblige. Il me faut ouvrir une parenthèse pour vous raconter comment se passe ici le carnaval. Contrairement à ce que j’aurais pu imaginer, il n’y a pas de défilé dans les rues comme au Brésil. Ici, ce sont les enfants qui se déguisent ! Et l’ambiance est beaucoup plus douce et paisible (voir article sur le carnaval de Caracas).

J’ai fait quelques courses et qu’elle n’a pas été ma surprise lorsque j’ai remarqué qu’à l’entrée de quelques magasins, il y avait deux pancartes. L’une précisait qu’il était interdit de fumer à l’intérieur, et l’autre indiquait qu’on ne devait pas y faire rentrer d’armes ! Heureusement que je n’avais pas mon colt sur moi ! J

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Une scène avait été installée sur le boulevard de Sabana Grande. La musique était poussée à son maximum. Deux danseurs de breakdance, particulièrement doués, s’affrontaient sous les applaudissements des spectateurs.

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J’ai ensuite repris le métro pour retourner à la faculté de Mariana.

J’avais encore un peu de temps devant moi alors j’ai flâné dans les longues allées bordées de vieux arbres et de plantes exotiques. J’ai assisté à un cours de salsa et à un match de volley. Le climat de la fac, avec tous ces étudiants vacant à leurs occupations, me rappelait ma vie étudiante à Montpellier.

Une chose m’avait particulièrement frappée dès que j’étais rentrée dans cet immense complexe universitaire (le plus grand du pays) : quelques chiens se baladaient en toute liberté au milieu des va-et-vient des étudiants. J’ai donc commencé à faire mon enquête. Ils semblaient totalement intégrés au lieu. Après avoir questionné quelques personnes, j’ai fini par rencontrer un des gardes de la faculté d’architecture. Celui-ci m’a expliqué que c’était les chiens de la fac et qu’en échange de leur aide à la surveillance, notamment de nuit, ils prenaient soin d’eux. Ils les nourrissaient, les soignaient et même les lavaient ! J’ai trouvé cette collaboration intéressante (voir article sur les chiens de la fac).

Le cours de design de Mariana s’est terminé et nous sommes rentrés chez elle avec un de ses amis. La veille, Mariana m’avait prévenu qu’une de ses colocataires allait fêter son anniversaire. Et à notre retour à l’appartement, il y avait déjà quelques personnes. J’ai profité de la soirée un petit moment, échangeant avec ses jeunes caraqueños (habitant de Caracas), puis je me suis couchée, encore très fatiguée par le décalage horaire. Et heureusement que j’étais épuisée, car la fête a duré jusqu’au petit matin avec la musique à fond et des séances de karaoké qui ponctuaient la nuit ! Ma fatigue et mes boules Quies ont pu me permettre de dormir à peu près correctement, bien que la fiesta se soit déroulée dans la pièce à côté et sur la terrasse.

Le lendemain (samedi), Mariana m’avait concoctée une grande visite de la ville. Le temps était splendide. On a d’abord déjeuné. Un déjeuner qui commençait par un atelier cuisine puisqu’elle m’a appris à confectionner les arepas (galettes de maïs garnies), spécialité venezuelienne. On mélange la farine de maïs avec un peu d’eau et une pincée de sel, puis on fait des petites boules à peu près aussi grandes qu’une balle de tennis (mais il en existe de toutes les tailles). Pour les cuire, elle avait un appareil spécial arepa qui avait appartenu à sa mère. Mais on peut aussi les faire frire à la poêle.

Nous les avons garni d’avocat écrasé (avocats trois fois plus gros que ceux que l’on trouve en France !) et de fromage. Humm…quel délice ! Le tout accompagné d’un jus de fruit de la passion fait maison !

Autant dire qu’avec ce bon repas, on était parées pour la balade ! Et bien nous en a pris, car nous avons marché tout l’après-midi dans la ville pendant 13 km (distance validée par Google Earth le soir à notre retour) ! On a fait quelques musées et quelques parcs et on s’est baladées entre les gigantesques buildings. Mariana était une excellente guide, me racontant l’histoire de la ville tout en n’omettant pas bien sûr le côté architectural. J’ai été impressionnée par les édifices immenses du gouvernement, démesurés par rapport aux bâtiments qui les entouraient. Un quartier où le béton est roi, au centre de la ville, est appelé El Parque Central, mais il est à l’opposé de son homonyme New Yorkais (Central Parc). Il n’y a pas de parc et des milliers de gens, au niveau de vie moyen, vivent dans des imposantes barres d’immeubles. En fin de journée, son cousin nous a rejoint. Après un détour chez sa mère qui habitait justement au Parque Central, qui nous a offert une limonade rafraîchissante, il nous a emmené en voiture dans un autre quartier de Caracas, Las Mercedes, boire un chocolat chaud. Le cacao du Venezuela étant l’un des plus fameux, je ne pouvais pas y échapper, à la plus grande joie de mes papilles ! Le café-chocolatier se trouvait dans un centre commercial. Dans le pays, sortir dans les centres commerciaux se fait beaucoup. Il y a un parking surveillé et on est en sécurité à l’intérieur du centre. Ce qui, à Caracas est un sacré avantage. Il y avait aussi un théâtre, un cinéma, une salle d’exposition d’art contemporain et une boîte de nuit. Le chocolat chaud était accompagné de petits chocolats (type chocolat Léonidas) avec des saveurs différentes. Là aussi, je me suis régalée !

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Le dimanche, le soleil nous a suivi toute la journée. Mariana m’a emmené dans un petit village aux abords de Caracas, El Hatillo. Perchées sur une colline, les maisons de toutes les couleurs me faisaient beaucoup penser à celles de Trinidad à Cuba. Leur style colonial me ramenait à une autre époque et j’imaginais les rues sillonnées par les charrettes. Sur la place principale, la Place Bolivar (du nom du « Liberator », toutes les communes en ont une !), s’étaient réunies les familles avec leurs enfants déguisés. Ceux-ci se couraient après avec des bombes fils serpentins. Des vendeurs ambulants en proposaient, disposés sur un bout de tissu posé rapidement sur le sol, à côté des sacs de confettis. L’ambiance était joyeuse et apaisé.

Mariana m’a fait gouter la chicha, boisson sucrée à base de riz, de lait, de sucre et de cannelle. Là encore, j’étais aux anges ! Moi qui adore la cannelle ! Humm…

Nous sommes ensuite rentrées dans un magasin qui était composé de dizaines de pièces dans lesquelles étaient rassemblés tous les trésors du Venezuela (comprenez souvenirs).  Mariana m’a fait remarqué que je n’avais pas besoin de visiter le pays puisque tout était ici ! Mais il manquait peut-être les trésors naturels…

Nous avons repris la voiture pour nous rendre dans autre coin de Caracas qu’elle affectionnait particulièrement. De grands immeubles trônaient dans des quartiers résidentiels où la nature était très présente. On a pris un repas à emporter chez un libanais qu’elle connaissait bien. Nous nous sommes posées sur un banc sur une place carrée, à un niveau supérieur de sorte que l’on a pu observer un long moment les petites princesses et les petits cowboys qui couraient dans tous les sens sous le regard attentif de leurs parents.

La suite au prochain épisode (je vous raconterai notamment pourquoi ma visite du téléphérique de la ville a duré 7 heures !)…

Je suis actuellement à Ciudad Bolivar que je vais quitter demain pour prendre un petit avion qui m’emmènera à Canaïma, aux portes du Salto Angel, pour une excursion de trois jours, avec nuits dans des hamacs ! Je vous écris à mon retour…

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